Chaque jour, chaque semaine, des dizaines de livres nouveaux sont publiés… L’actualité s’impose, chasse l’un pour mettre en avant un autre, mais soudain un livre plus ancien refait surface et revient à la Une. C’est le cas du second roman d’Alexandre Lenot, Cette vieille chanson qui brûle, qui vient de remporter le Prix des cinq continents de la francophonie.
L’écrivain Alexandre Lenot vient nous présenter Cette vieille chanson qui brûle, roman couronné par le Prix des cinq continents de la francophonie. Une œuvre traversée par la mémoire, la colère et la nécessité de dire.
Encore peu connu du grand public en France, ce prix international, décerné exclusivement par des écrivains et écrivaines issus de toute la francophonie, distingue avant tout une exigence stylistique. « J’ai conçu un objet très littéraire. D’être reconnu pour ça m’a fait immensément plaisir », confie l’auteur.
Né aux États-Unis, d’une mère égyptienne, vivant aujourd’hui à Paris tout en s’échappant régulièrement dans le Cantal, Alexandre Lenot revendique un parcours profondément francophone et multiculturel.
Une histoire de frères et de fantômes
Cette vieille chanson qui brûle est l’histoire de deux frères jumeaux, d’une mère absente, d’un père violent, et d’une forêt menacée par les appétits capitalistes et de l’enfance qu’il faut quitter, qu’il faut bien quitter un jour… L’un des frères est mort – on l’apprend dès les premières pages –, mais il faudra attendre la fin du roman pour comprendre comment et pourquoi.
Entre-temps, le narrateur marche, revient vers la demeure paternelle nichée au cœur de la forêt, tandis que les souvenirs affluent : la peur, la colère, la douleur d’une enfance privée de mots. Le roman devient alors une enquête intime, où le narrateur revisite ses souvenirs un à un.
Une forêt politique
La forêt occupe une place majeure dans le roman. Loin d’un décor bucolique, elle est à la fois refuge, mémoire et enjeu contemporain. Cette forêt, précise l’auteur, est celle d’aujourd’hui : une forêt qui brûle, qui manque d’eau, qui est convoitée par des logiques productivistes et extractivistes.
Le roman fait écho à la mort de Rémi Fraisse, jeune militant écologiste tué en 2014 lors du projet de barrage de Sivens. Alexandre Lenot reconnaît cette inspiration. Ce qui l’a bouleversé, dit-il, au-delà de la mort elle-même, c’est la violence du langage politique, capable de retourner la victime en coupable.
Invité : Alexandre Lenot, romancier et scénariste, auteur de Cette vieille chanson qui brûle, publié aux éditions Denoël.
Et la Chronique Ailleurs avec Mahi Binebine, président de Festival du livre africain de Marrakech, le FLAM. La 4è édition se tiendra du 23 au 26 avril 2026 sous la présidence d’honneur de Jean-Marie Gustave Le Clézio.
Musique : Lolo Zouaï & Disiz – « Coquelicot ».
