Le Sénat béninois, installé le 30 juillet dernier, élit ce jeudi 6 août son premier bureau, une étape décisive dans la mise en place effective de la nouvelle chambre haute du Parlement. Ce scrutin intervient après l’entrée en vigueur du règlement intérieur de l’institution, validé par la Cour constitutionnelle le 3 août.
Selon des informations publiées par Banouto, l’absence de ce texte avait empêché l’organisation de l’élection immédiatement après l’installation des 25 membres de la chambre. La validation du règlement intérieur ouvre désormais la voie à la désignation de la première équipe dirigeante du Sénat.
Conformément à l’article 113-5 de la Constitution, le bureau comprend un président, un vice-président et un rapporteur, élus pour un mandat de cinq ans renouvelable. Toutefois, les fonctions de président et de vice-président sont exclusivement réservées aux membres de droit de l’institution, limitant à onze personnalités le cercle des candidats potentiels.
Ce collège est composé des anciens présidents de la République Nicéphore Dieudonné Soglo, Boni Yayi et Patrice Talon, des anciens présidents de l’Assemblée nationale Adrien Houngbédji, Bruno Amoussou, Mathurin Coffi Nago, Antoine Kolawolé Idji et Louis Vlavonou, ainsi que des anciens présidents de la Cour constitutionnelle Élisabeth Pognon, Théodore Holo et Robert Dossou. Le poste de rapporteur, en revanche, est ouvert à l’ensemble des sénateurs.
La présence de Boni Yayi parmi les membres de droit confère une dimension politique particulière à cette première élection. Le 22 juillet, l’ancien chef de l’État avait annoncé qu’il exercerait finalement son droit de siéger au Sénat, revenant sur sa position initiale de refus de participer à cette nouvelle institution créée par la révision constitutionnelle de décembre 2025.
Dans sa déclaration, Boni Yayi avait expliqué que le contexte politique avait évolué depuis l’adoption de la réforme, évoquant notamment l’installation d’un « Parlement monocolore » et la raréfaction des espaces de dialogue. Selon lui, le Sénat peut désormais constituer un cadre de concertation politique et un lieu d’expression des attentes de la population.
En vertu de l’article 113-3 de la Constitution, il avait indiqué qu’il exercerait son droit de sénateur, affirmant vouloir travailler avec les autres membres de l’institution afin d’en faire « un vase d’honneur pour les intérêts du peuple ».
Le scrutin de ce jeudi doit permettre au Sénat béninois de se doter de sa première équipe dirigeante et de franchir une nouvelle étape dans l’installation de cette institution créée dans le cadre du passage à un Parlement bicaméral.
La Rédaction
