Lors d’une conférence de presse organisée le 25 octobre, le chef du gouvernement a justifié la révision budgétaire par la dégradation des équilibres financiers de l’État. Il a fait état d’une baisse des recettes de 340 milliards de FCFA et d’une hausse de 540 milliards de FCFA des dépenses incompressibles, principalement liées aux subventions à l’énergie et aux besoins supplémentaires des forces de défense et de sécurité.
Le projet de LFR prévoit une réduction de 555 milliards de FCFA des crédits d’investissement. Ahmadou Alhaminou Mohamed Lo a présenté ces réductions comme des investissements différés à l’année suivante pour certains projets ou que des dépenses urgentes devaient être privilégiées.
Le Premier ministre a averti que le rejet du texte empêcherait notamment les entreprises du bâtiment et des travaux publics (BTP) de rétablir leur trésorerie, de reprendre les chantiers à l’arrêt, de payer leurs fournisseurs et de renouveler leurs équipements.
Quelques jours plus tôt, Ousmane Sonko avait déclaré, lors d’un point de presse, que son parti, Pastef-Les Patriotes, majoritaire à l’Assemblée nationalee ne votera pas la LFR. Le parti avait expliqué ne pas contester le principe d’une révision budgétaire, mais désapprouver les arbitrages retenus, les modalités de financement et le manque de garanties et d’informations fournies par le gouvernement.
Pastef réclame notamment de « préserver les investissements publics et les priorités sociales », en particulier dans la santé, l’éducation, la formation professionnelle, l’eau, les infrastructures et l’industrie. Le parti demande également que toute réduction des subventions à l’énergie soit accompagnée de mesures permettant de protéger le pouvoir d’achat des ménages et des entreprises.
Sur le plan financier, la formation politique exige des éclaircissements sur les 120 milliards de FCFA prévus pour le Projet autonome de réponse d’urgence contingente (CERP), notamment sur l’origine des fonds, leur utilisation et les conséquences du report de certains crédits d’investissement. Elle demande par ailleurs de « réduire les coûts de fonctionnement de l’État », de renforcer le contrôle des fonds spéciaux et de publier des informations détaillées sur les déficits prévisionnels et la dette publique.
L’examen du projet de loi n° 40/2026 portant LFR, initialement prévu le vendredi 23 octobre à 10 heures, a été reporté au mardi 27 octobre à 10 heures, selon un communiqué de l’Assemblée nationale daté du 24 octobre tranmis à APA.
Le gouvernement maintient que la révision budgétaire est nécessaire pour assurer la continuité du service public, protéger les citoyens et poursuivre les investissements, tout en conservant la Vision Sénégal 2050 comme cadre de référence de la transformation économique du pays.
LA REDACTION
