Les travailleurs indépendants et les acteurs du secteur informel au Kenya sont particulièrement exposés aux demandes de pots-de-vin de la part des agents publics, une pratique qui ampute leurs revenus quotidiens et fragilise leurs activités économiques, selon un rapport de la Banque mondiale publié ce mercredi.
Intitulée « Kenya Economic Update » de novembre 2026, l’étude souligne que la corruption constitue l’une des principales contraintes auxquelles sont confrontés les travailleurs du secteur informel, notamment lors de leurs interactions avec les services publics en contact direct avec les populations.
La Banque mondiale relève que les travailleurs indépendants enregistrent les taux les plus élevés d’exposition à ces pratiques, même si leur proportion a légèrement reculé, passant de 48 % en 2019 à 45 % en 2025. Ces données reposent sur une comparaison des expériences de personnes ayant eu des contacts avec des institutions publiques au cours des douze mois précédant les enquêtes.
Les pratiques dénoncées concernent notamment la police de la route, les services d’inspection et les administrations municipales. Selon le rapport, les conducteurs, particulièrement ceux qui exercent dans le transport à deux roues, peuvent consacrer entre 5 et 20 % de leurs revenus journaliers au paiement de pots-de-vin.
Ces prélèvements illicites représentent généralement entre 50 et 100 shillings kenyans par jour, auxquels peuvent s’ajouter des demandes ponctuelles de montants plus importants, précise le document.
La situation est d’autant plus préoccupante que le secteur informel représente 83,8 % de la population active du Kenya. Cette forte dépendance à l’économie informelle expose une grande partie des travailleurs aux pratiques de corruption et aux pressions financières exercées par certains agents publics.
Pour la Banque mondiale, ces paiements réduisent les ressources disponibles pour les ménages, compromettent la pérennité des petites activités économiques et limitent les perspectives de développement des travailleurs indépendants.
Le rapport met ainsi en évidence le poids des défaillances de gouvernance sur les revenus des populations qui dépendent essentiellement de leurs recettes quotidiennes pour assurer leur subsistance et celle de leurs familles.
LA REDACTION
