À 25 ans et avec trois mixtapes derrière lui – dont Extasia, parue en octobre 2025 et acclamée par la critique – Ino Casablanca a su se trouver une place de choix dans le paysage musical français. Nommé aux Victoires de la musique 2026 en tant que Révélation masculine, le jeune artiste sillonnera les scènes des festivals cet été, porté par son rap aux influences aussi bien raï, que flamenco ou caribéennes.
« Y’a pas de message, faut juste kiffer. » Dans une courte vidéo où il se met en scène avec l’un de ses amis, Ino Casablanca donne le ton : pas question d’intellectualiser sa musique, il faut juste ouvrir grand ses oreilles et en profiter. D’ailleurs, le jeune artiste n’affectionne pas particulièrement de parler de sa musique et refuse régulièrement des entretiens.
C’est donc guidé par l’instinct, et par toutes les références musicales absorbées au cours de sa vie, qu’Ino Casablanca propose une musique métissée, aux mille influences : au fil des morceaux de sa dernière mixtape, Extasia, on passe sans difficulté du raï (« Moula Solitude ») au flamenco et même au kompa haïtien (« Kitlé »). Un mélange des genres explosif résumé dans la chanson « Bissap du 20e », hymne à ce quartier du nord de Paris et à son quotidien. Il y a beaucoup d’ingrédients dans ce bissap qui tient plus du cocktail explosif et pourtant, tout est minutieusement dosé, on évite toujours l’indigestion.
Un perfectionniste de la musique
Si Ino Casablanca a pu ingérer autant d’influences, c’est qu’il a beaucoup bougé : la petite enfance au Maroc, puis la banlieue de Barcelone, jusqu’à ses douze ans – avant de s’installer dans le sud-ouest de la France, où il découvre le rap. À cela, il faut ajouter ce que ses parents écoutent inlassablement à la maison – Oum Kalsoum, Fayrouz, le roi du raï algérien Cheb Hasni – et ce qu’il a découvert au fil de l’eau sur les plateformes de streaming.
Le mélange reste pourtant étonnamment homogène. Notamment car Ino Casablanca pilote toutes les étapes de sa production – il a d’ailleurs réalisé seul le mixage d’Extasia -, mais aussi parce que ce véritable geek de la musique possède de solides connaissances musicales, acquises au conservatoire. C’est ainsi que le jeune musicien s’est intéressé aux battements par minute – les BPM – qui définissent le rythme de chaque style de musique. Pour faire des mélanges harmonieux, Ino Casablanca s’intéresse à des genres qui ont des rythmiques proches : le raï et le rap californien, par exemple, tournent tous les deux autour de 90 ou 100 battements par minute.
Quelle que soit la méthode, le résultat est là : Ino Casablanca s’amuse, expérimente, ne s’interdit rien ; et cela donne une musique fraîche, qui lui ressemble autant qu’elle rassemble.
