Le président ghanéen John Dramani Mahama a appelé le Mouvement des non-alignés (MNA) à passer d’une diplomatie fondée sur les déclarations à une action collective en faveur d’un ordre international plus juste et représentatif à travers une réforme profonde du Conseil de sécurité des Nations Unies.
S’exprimant à Belgrade, en Serbie, lors de la réunion commémorative de haut niveau marquant le 65e anniversaire du MNA, le président ghanéen, John Mahama, a estimé qu’il n’était plus acceptable que l’Afrique demeure exclue de la représentation permanente au Conseil de sécurité de l’ONU.
Pour le chef de l’État ghanéen, le MNA, qui regroupe une grande partie de la population mondiale, doit préserver son autonomie stratégique et transformer son poids collectif en une véritable influence géopolitique.
S’appuyant sur la pensée du premier président du Ghana, Kwame Nkrumah, qui déclarait : « Nous ne regardons ni vers l’Est ni vers l’Ouest ; nous regardons vers l’avenir », M. Mahama a appelé à redéfinir le non-alignement dans un contexte international marqué par de profondes divisions.
Selon un rapport diffusé par le Groupe APO au nom de la Présidence ghanéenne, John Mahama a appelé à une restructuration urgente des institutions de gouvernance mondiale, avec une attention particulière portée au Conseil de sécurité de l’ONU.
Il a jugé dépourvue de légitimité une architecture internationale qui continue d’exclure l’Afrique d’une représentation permanente au sein de cet organe chargé du maintien de la paix et de la sécurité internationales.
Le président ghanéen a réaffirmé le soutien de son pays à la Position commune africaine consacrée par le Consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte. Celle-ci réclame notamment des sièges permanents pour l’Afrique au Conseil de sécurité, assortis d’un droit de veto, ainsi qu’une augmentation du nombre de sièges non permanents attribués au continent.
M. Mahama a également évoqué l’adoption de la résolution A/RES/80/250 de l’Assemblée générale de l’ONU, reconnaissant l’esclavage comme un crime grave contre l’humanité. Il y voit une illustration de la capacité des pays du Sud à obtenir des avancées lorsqu’ils unissent leurs forces.
Il a ainsi exhorté les membres du MNA à capitaliser sur cette dynamique pour contribuer à la transformation des structures politiques internationales héritées du passé.
LA REDACTION
