Le gouvernement sénégalais prévoit de ramener le déficit budgétaire à 4,7 % du produit intérieur brut (PIB) en 2027, contre 7,6 % en 2026, tout en renforçant les dépenses sociales et en mobilisant 480 milliards FCFA pour apurer les arriérés dus au secteur privé.
Présentant samedi 7 novembre 2026 le projet de loi de finances initiale (PLFI) 2027 devant la Commission des finances et du contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale, le ministre de l’Économie et des Finances, Cheikh Diba, a défendu une politique de rigueur destinée à réduire le déficit et à mieux maîtriser l’endettement public.
Le budget prévoit des recettes de 5 653,9 milliards FCFA et des dépenses de 7 005,6 milliards FCFA, pour un déficit de 1 351,7 milliards FCFA. Le déficit primaire, hors paiement des intérêts de la dette, devrait être ramené à 0,2 % du PIB.
Cette consolidation intervient dans un contexte de ralentissement économique. Après une croissance de 6,75 % en 2025, portée notamment par les hydrocarbures, le Sénégal table sur 2,7 % en 2026 et 1,5 % en 2027. Le pays reste également exposé à la hausse des prix internationaux de l’énergie et aux difficultés d’accès aux marchés internationaux de capitaux.
Pour accompagner le redressement des finances publiques, le gouvernement entend mobiliser davantage de recettes fiscales, réduire les dépenses de fonctionnement et réorienter les subventions énergétiques vers les ménages les plus vulnérables. L’objectif est de ramener leur coût à 1 % du PIB d’ici 2029, tout en préservant notamment les petites bouteilles de gaz butane et en instaurant un tarif social de l’électricité.
En dépit de ces mesures de rigueur, l’exécutif prévoit de doubler les Bourses de sécurité familiale, dont l’enveloppe passera de 70 à 140 milliards FCFA en 2027, au profit de plus d’un million de ménages vulnérables.
Les investissements concerneront également la construction de cinq grands hôpitaux, la réalisation de 12 lycées Nation-Armée pour la qualité et l’équité (LYNAQE), ainsi que la mise en place de 15 000 salles de classe connectées.
Sur le plan économique, une enveloppe de 480 milliards FCFA est prévue pour le règlement des arriérés de l’État envers le secteur privé. Entre 2025 et 2027, les paiements destinés à apurer cette dette intérieure devraient atteindre 1 280 milliards FCFA.
Le gouvernement prévoit par ailleurs de renforcer la souveraineté alimentaire à travers la création de 100 coopératives agricoles communautaires et l’aménagement de 320 000 hectares hydro-agricoles d’ici 2029.
À travers ce budget, les autorités sénégalaises cherchent à concilier réduction du déficit, maîtrise de la dette et maintien des investissements sociaux et productifs, dans le cadre du plan de redressement économique et social Jubbanti Koom.
LA REDACTION
