Dans un communiqué publié jeudi, le ministère nigérian des Affaires étrangères a rejeté comme « fausses et malveillantes » les informations circulant sur les réseaux sociaux selon lesquelles la tentative de déstabilisation au Niger aurait bénéficié du soutien de la Cédéao et, par implication, de celui du Nigéria.
« Le gouvernement fédéral du Nigéria rejette catégoriquement ces affirmations », souligne le communiqué, les qualifiant d’« infondées, irresponsables » et destinées à désinformer l’opinion et à ternir l’image du pays.
Cette mise au point intervient dans un contexte marqué par de nouvelles révélations des autorités nigériennes sur les affrontements des 28 et 29 août à Niamey. Selon elles, les forces de défense et de sécurité ont récupéré, après les combats, 34 pick-up équipés d’armes de bord, deux véhicules blindés légers, plusieurs dizaines de motos ainsi qu’un important stock d’armes et de munitions.
L’arsenal présenté comprend notamment 382 fusils AK-47, 36 RPG-7, 30 mitrailleuses PKM, six armes de calibre 12,7 mm, quatre armes de 14,5 mm, quatre fusils Dragunov, un mortier de 82 mm et 17 pistolets automatiques, ainsi que des munitions, chargeurs et équipements de communication.
Les autorités nigériennes attribuent ces moyens aux éléments du Bataillon spécial de reconnaissance du Commandement des opérations spéciales (BSR-COS) impliqués dans l’attaque de la base aérienne 101 et de plusieurs sites stratégiques de la capitale. Elles présentent les affrontements comme une tentative de remise en cause des institutions issues de la refondation engagée depuis le coup d’Etat du 26 juillet 2023.
Face aux allégations d’un soutien nigérian ou communautaire à la tentative de déstabilisation, Abuja affirme au contraire que sa position est constante.
Le Nigéria rappelle avoir exprimé, dans un communiqué du 30 août, sa « profonde préoccupation » face à la situation au Niger et appelé à un retour « pacifique, inclusif et participatif » à la stabilité et à l’ordre constitutionnel.
« Le Nigéria ne soutiendra jamais l’illégalité ou un changement anticonstitutionnel de gouvernement », insiste le ministère des Affaires étrangères, ajoutant que tout recours à la force pour régler les différends politiques est contraire à sa politique étrangère.
Abuja rejette également toute interprétation selon laquelle son appartenance à la Cédéao signifierait qu’il approuve ou cautionne une prise de pouvoir militaire au Niger.
Le gouvernement nigérian réaffirme enfin son attachement au protocole de la Cédéao sur la démocratie et la bonne gouvernance ainsi qu’au principe de tolérance zéro de l’Union africaine à l’égard des changements anticonstitutionnels de gouvernement.
LA REDACTION
