Le Ministère public de la République et canton de Genève a officialisé l’ouverture d’une instruction pénale à l’encontre de Sylvia Bongo Ondimba, ancienne Première dame du Gabon. Selon les révélations de la revue spécialisée Gotham City.
Cette procédure, initiée en novembre 2023, viserait des soupçons de blanchiment d’argent sur la base de l’article 305 bis du Code pénal suisse.
Le nœud de l’affaire est un ensemble de mouvements de fonds complexes notamment plusieurs millions d’euros qui seraient abrités par un établissement bancaire de la place genevoise. Les magistrats suisses suspectent donc que ces avoirs proviennent d’infractions sous-jacentes graves commises au Gabon. Il s’agit spécifiquement des faits présumés de corruption occulte et de détournement de deniers publics.
Sylvia Bongo Ondimba bientôt appelée à la barre ?
Si l’on n’en est pas encore à ce stade, il reste que les pointilleux juges suisses ont en visu la démonstration du lien de causalité entre ces crimes présumés et les actes de dissimulation ou de transfert sur le sol helvétique. Les investigations en cours s’annoncent dès lors d’envergure internationale. Ce qui impliquera naturellement une étroite coopération judiciaire transfrontalière.
Cependant la chronologie de cette instruction suscite de profondes interrogations. Le parquet genevois a scellé l’ouverture de ce dossier en novembre 2023, soit un trimestre à peine après la destitution d’Ali Bongo Ondimba par un coup d’État militaire. Pourtant, les flux financiers incriminés sont matériellement identifiés dans la temporalité où l’intéressée exerçait ses fonctions d’épouse du chef de l’État aujourd’hui déchu.
Cette concomitance interroge sur l’opportunité des poursuites. Doit-on y voir l’illustration assumé lié à l’ancienne stature politique de la suspecte qui rendrait les mécanismes d’alerte antiblanchiment inopérants sous l’ancien régime ? La perte de son immunité semble être le catalyseur à la levée du secret. Même si rien n’établit une quelconque culpabilité à l’heure où nous couchons ces lignes. L’instruction devra désormais s’attacher à faire toute la lumière sur la traçabilité de ces capitaux autrefois réputés intouchables. Nous y reviendrons !
La Rédaction / source : gabonmediatime
