L’Afrique du Sud traverse une période de fortes tensions liées à des mobilisations anti-immigrés, alors que les autorités ont déployé un important dispositif sécuritaire en prévision de manifestations annoncées ce mardi et averti que tout trouble à l’ordre public serait sanctionné avec fermeté.
Dans ce contexte, les opérations de rapatriement de ressortissants étrangers se multiplient. Un deuxième vol affrété par le gouvernement nigérian a permis le retour de 269 ressortissants depuis Johannesburg vers Lagos, ont annoncé les autorités nigérianes. Cette évacuation, opérée par Air Peace, intervient alors que les autorités sud-africaines ont fixé un ultimatum aux étrangers en situation irrégulière, dont l’échéance est arrivée à son terme le 30 juin.
Selon Abuja, ce nouveau contingent porte à 335 le nombre de citoyens rapatriés depuis le lancement de l’opération, après un premier vol ayant déjà permis le retour de 66 ressortissants. Le ministère des Affaires étrangères indique que d’autres rotations sont prévues afin de poursuivre l’évacuation des personnes enregistrées et consentantes.
Parallèlement, les autorités sud-africaines font état de départs massifs de migrants dans un climat de peur alimenté par des campagnes hostiles à l’immigration. Selon la police, près de 25 000 ressortissants étrangers, principalement africains, ont quitté le pays ces dernières semaines, sur fond d’intimidations et de tensions locales.
La Structure nationale conjointe des opérations et du renseignement (Natjoints) a appelé les organisateurs des manifestations à respecter les engagements pris avec les autorités afin de garantir un déroulement pacifique, tandis que la police a averti que toute violence, pillage ou acte de vigilantisme ferait l’objet d’interventions immédiates.
Le président Cyril Ramaphosa a exhorté les citoyens à exercer leur droit de manifester dans le respect de la loi, alors que les forces de sécurité ont été renforcées pour prévenir toute escalade lors des rassemblements de ce mardi.
La Rédaction
