CPI : inquiétude après le retrait de l’AES

Armel Kwassi JOHNSON
3 min de lecture

La Présidence de l’Assemblée des États Parties au Statut de Rome a réagi avec préoccupation à l’annonce du retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la Cour pénale internationale (CPI), estimant que cette décision risque d’affaiblir le système international de justice pénale.

Dans une déclaration, la Présidence a regretté ces développements, rappelant que la CPI constitue un pilier du dispositif mondial de responsabilité et que son efficacité dépend de l’engagement constant des États membres.

Cette réaction intervient dans le contexte de l’annonce faite en septembre 2025 par la Confédération des États du Sahel (AES), regroupant les trois pays, qui ont déclaré leur retrait immédiat du Statut de Rome. Les autorités sahéliennes avaient justifié cette décision par leur volonté de privilégier des mécanismes régionaux de justice et de paix, dénonçant la CPI comme un « instrument de répression néocoloniale ».

Les gouvernements de l’AES affirment désormais vouloir construire une architecture judiciaire sahélienne autonome, incluant notamment un projet de Cour pénale sahélienne destiné à juger les crimes graves dans l’espace confédéral, ainsi que des mécanismes internes de consolidation de la paix.

Face à cette évolution, la Présidence de l’Assemblée des États Parties a appelé les trois pays à maintenir leur participation aux travaux de l’Assemblée et à poursuivre des échanges constructifs, soulignant que chaque État dispose du droit d’exprimer ses préoccupations dans ce cadre.

Elle a également rappelé que le retrait du Statut de Rome ne libère pas un État des obligations contractées durant la période où il était partie au traité, insistant sur la continuité des engagements juridiques.

Dans sa déclaration, la Présidence a enfin relevé que le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont historiquement contribué aux travaux de la CPI, et encouragé la poursuite du dialogue afin d’éviter toute rupture dans la coopération judiciaire internationale.

L’Assemblée des États Parties, organe administratif et législatif de la CPI, regroupe les États ayant ratifié le Statut de Rome et assure la supervision de la Cour.

La Rédaction

Partager cet article